L’enjeu du parcours du musée de Foucarville est complexe et nécessite de trouver la nuance nécessaire pour faire ressurgir la mémoire au-delà des tabous historiques. Le projet s’appuie sur les contextes d’effacement de la mémoire et l’intérêt de sa réactivation afin d’apporter un regard incarné, scientifique et pédagogique sur l’Histoire des vaincus.
L’écriture du projet instaure un équilibre harmonieux entre une approche mémorielle, une approche culturelle et une approche vernaculaire. Ainsi, si l’architecture composée de trois entités évoque le baraquement, le projet s’affirme comme identifiable, iconique et monolithique, mettant en exergue le rapport à l’environnement naturel et au patrimoine local.
À l’échelle muséographique, scénographique, graphique et audiovisuelle, le projet suggère la résurgence de la mémoire par un univers sensible, en jouant sur des principes d’empreintes, de flous ou de flashs mémoriels. Au fil du parcours, la structure des camps, liée à la gestion de masse, est traduite par l’évocation des clôtures du camp et par des cheminements gravés dans le sol. En écho, la détention, à l’échelle individuelle des prisonniers, est exprimée par des éléments relevant de l’économie du peu, l’assemblage de matériaux simples et l’ennoblissement de textiles rapiécés.
Tout au long du parcours, la comparaison entre quatre camps de prisonniers allemands, aux différentes gouvernances alliées (Américains, Français, Britanniques, Polonais) atteste de la complexité des enjeux et des différences d’application de la gestion de masse des prisonniers.
Des témoignages lus proposent une confrontation des différents points de vue et ressentis (prisonniers allemands, gestionnaires Alliés, autorités de contrôle, populations civiles …).
Soucieux d’inscrire les thématiques dans une perspective historique et contemporaine plus large, d’autres conflits du XIXe au XIXe siècles entrent en résonance avec ceux de la captivité allemande au sortir de la Seconde guerre mondiale.