La réhabilitation des espaces culturels et d’accueil du site du Pont du Gard offre une relecture de l’édifice en révélant ce que l’homme a cherché à maîtriser dans son rapport à la nature, que ce soit pour extraire, construire, parcelliser ou gérer l’eau. Le projet prend place dans le bâtiment construit en 1996 par Jean-Paul Viguier, qui se déploie, à partir du jardin sur les 3 niveaux inférieurs.
Le concept scénographique, pour créer le lien entre tous ces espaces, s’appuie sur le fait que l’ensemble des fragments (les espaces) constitue un tout (le site) et que chaque fragment est porteur de mémoire. En démultipliant la notion de fragmentation, la visite du site va devenir une partition appropriable par chacun des visiteurs.
La visite propose différentes séquences : une promenade végétalisée qui traduit symboliquement la préciosité de l’eau, un carrefour qui rassemble les thématiques de l’offre culturelle, un musée permanent pour découvrir toutes facettes du monument, un terrain d’expérimentation des savoir-faire romains pour le jeune public, un espace immersif audiovisuel, un forum, un jardin mémoriel sur les interventions humains reliées au paysage...
La scénographie s’appuie sur le dessin de la centuriation romaine, comme trame symbolique, pour interpréter le territoire et faire comprendre les modes de vie des romains.
En orchestrant la signalétique qui agrège les fragments à chacune des échelles du projet, la lumière pour scénographier des intérieurs/extérieurs et suggérer des bâtis, les dispositifs audiovisuels narratifs sur la maitrise et la préservation de l’eau et une proposition paysagère qui s’immisce dans les espaces intérieurs, le projet propose au final une visite kaléidoscopique pour rendre compte de la complexité technique de la construction et de l’inventivité de la civilisation romaine.